Censeur romain


Censeur romain

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Monarchie romaine
753 – 509 av. J.-C.
République romaine
509 – 27 av. J.-C.
Empire romain
-27 – 476 ap. J.-C.

Principat
Empire d'Occident

Dominat
Empire d'Orient

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Propréteur

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Imperium

Série Rome antique

Le censeur romain est un magistrat romain. Deux censeurs sont élus tous les cinq ans parmi les anciens consuls par les comices centuriates. Le pouvoir des censeurs est absolu : aucun magistrat ne peut s’opposer à leurs décisions, seul un autre censeur qui leur succède peut les annuler. Après 18 mois de mandat, ils président une grande cérémonie de purification, le lustrum, à la suite de laquelle ils abdiquent. La censure est la seule magistrature romaine qui n’autorise pas la réélection.

 

Rôle du censeur

 

civil

Leur principale fonction est le recensement quinquennal des citoyens romains (census) par niveau de fortune, une pratique administrative qui remonte, selon la tradition, au roi Servius Tullius. Ils inscrivent les nouveaux citoyens romains dans les registres de leur centurie et de leur tribu, passent en revue les chevaliers (la recognicio equorum) et dressent l’album sénatorial par la lectio Senatum.

À ce titre ils sont chargés de mettre à jour l'album, c'est-à-dire le registre des personnes admises au Sénat. Leur fonction les amène également à surveiller les mœurs. À cet effet, ils détiennent la cura morum qui leur permet de rayer de l’album sénatorial les sénateurs indignes, mais aussi de flétrir publiquement la réputation d’une personne par la nota censoria.

Ce dernier rôle est à l’origine du glissement de sens du mot « censeur » vers des connotations morales rigoristes et la censure.

 

économique

Les censeurs ont un rôle d’administrateur de la fortune publique :

  • ils surveillent les adjudications des affermages de la collecte des impôts aux sociétés de publicains
  • ils attribuent les marchés de travaux publics d’investissement, tel que la construction des voies romaines ou d’entretien des biens publics (temples, etc.)

Par exemple le censeur Appius Claudius Caecus lança les travaux de construction de la voie Appienne, et Caton l'Ancien fit construire la basilique Porcia.

 

Evolution historique de la fonction

La fonction de censeur, réservée aux patriciens, fut créée l'an 444 av. J.C.; en réaction à la concession politique faite aux plébéiens qui leur permettait l’accès à la magistrature de tribun militaire à pouvoir consulaire. Selon Tite-Live, les consuls accaparés par les opérations militaires souhaitent se décharger du recensement, fonction qu’ils jugeaient fastidieuse et accessoire. Le sénat approuva et les tribuns de la plèbe n’y firent aucune opposition[1].

Au nombre de deux, les censeurs devaient exercer les fonctions pendant 5 ans, intervalle entre deux recensements; mais dès 434 av. J.C., dans la crainte qu'ils n'abusassent de leur autorité, le dictateur Aemilius Mamercus fit voter par le peuple l'abaissement de leur mandat à dix huit mois[2].

Les premiers plébéiens qui accédèrent à la censure grâce à leurs qualités individuelles et leurs alliances politiques furent Caius Marcius Rutilius en -351, puis Quintus Publilius Philo.
Cette magistrature devint systématiquement accessible aux plébéiens l'an 339 av. J.-C, en vertu d'une loi proposée par le consul Quintus Publilius Philo, imposant qu’un des deux censeurs soit plébéien.

La censure, temporairement supprimée par Sylla, fut abolie sous Auguste; Les pouvoirs de censeur furent transférés à un préfet des mœurs, fonction occupée personnellement par Auguste. Les empereurs successifs jusqu'à Vespasien possédèrent la puissance censoriale qui leur permettait d’évincer du Sénat des sénateurs opposants, mais aussi par la procédure de l’adlectio d’introduire dans l'assemblée des personnes n’ayant pas occupé de magistratures.

Après la mort de Vespasien en 79, on voit disparaître toute trace de cette magistrature. Domitien devient en 85 censeur perpétuel, et tous ses successeurs détiendront la puissance censoriale. L'empereur Dèce (249-251) voulut rétablir cette magistrature, mais cette tentative n'eut pas de suite.


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