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Classes préparatoires littéraires

Classes préparatoires littéraires

Les classes préparatoires littéraires, une des 3 filières des classes préparatoires aux grandes écoles, préparent en deux ans aux concours d’admission des écoles normales supérieures, de l’École nationale des chartes, des écoles supérieures de commerce et de gestion et des instituts d’études politiques.

En argot scolaire, khâgne est le surnom donné à ces classes préparatoires bien que le terme désigne plus précisément la deuxième année, appelée officiellement première supérieure, la première année étant appelée hypokhâgne ou lettres supérieures.

Chiffres

En 2007:

  • Lettres supérieures : 6 796 étudiants ( + 1,6% par rapport à 2006)
    • 132 classes A/L avec comme effectif moyen 43,5 étudiants
    • 21 classes B/L avec comme effectif moyen 41,3 étudiants

 

  • Première supérieure : 4 444 étudiants (dont 25% de cubes) soit un ratio de 3 333/6 722 entrants en Lettres supérieures.
    • 38 khâgnes « A/L » avec comme effectif moyen 39 étudiants, pour 4 options en général (5 khâgnes parisiennes comportent plus de 50 élèves)
    • 74 khâgnes « Cloud » (Fontenay-Saint-Cloud) avec comme effectif moyen 29,8 étudiants
    • 20 khâgnes « B/L » avec comme effectif moyen 28,8 étudiants

Origine du nom Khâgne

Être cagneux, c’est avoir les genoux tournés en-dedans (pieds écartés, genoux rapprochés). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce mot de cagneux a été utilisé pour se moquer des universitaires, répétiteurs, professeurs ou autres normaliens, férus d’études classiques, toujours plongés dans leurs livres.

Par exemple, le 21 février 1866, Goncourt note :

« Je remarque que les fougueux célébrateurs du nu, des vieilles civilisations athlétiques et gymnastiques, sont en général de cagneux universitaires, au pauvre et étroit torse, enfermé dans un gilet de flanelle. »

En 1869, dans Le testament d’un blagueur, Vallès écrit :

« Il y en a en tuniques à collets verts, ce sont les normaliens; ils ont sur le crâne et au flanc un claque et une épée ! Une épée ! non, c’est sans doute dans ce fourreau de cuir qu’on place une plume d’oie à la barbe triste et au bec sale, la plume des cuistres ! Pourquoi une épée ? En voici un dans cet uniforme qui est cagneux, boiteux et tire la patte. Donnez-lui donc des béquilles plutôt ! »

Quand, en 1880, les premières classes de rhétorique supérieure (ancêtre de la première supérieure) sont créées, les taupins, qui, pour préparer les écoles militaires, font de l’équitation et de l’escrime, utilisent cette moquerie à l’encontre des élèves de rhétosup, lesquels sont plongés dans des études classiques, préparent l’École normale et seront plus tard universitaires et professeurs. De là, les cagneux, puis la cagne. Les élèves de rhétorique supérieure se mettent alors eux-mêmes à employer cette dénomination, mais vers les années 1910, élaborent l’orthographe pseudo-grecque khâgneux et khâgne, afin de la faire apparaître plus « savante » et d’occulter sa réelle signification.

Pierre Vidal-Naquet, dans le premier tome de ses mémoires, précise que ce sont particulièrement les « cornichons », élèves préparant Saint-Cyr, et non les taupins (qui sont intéressés par l’École polytechnique) qui utilisaient ce nom par raillerie.

Historique

Jusque vers 1890, les bacheliers préparaient le concours de l’École normale supérieure en retournant en classe de rhétorique (actuelle classe de première), les professeurs leur donnant des exercices plus difficiles qu’aux élèves non bacheliers. Le lycée Louis-le-Grand créa une classe spéciale pour ces élèves de première-vétérans qui devint la classe de première supérieure. On ajouta ensuite la classe de « lettres supérieures », entre la classe de philosophie (actuelle terminale) et la première supérieure. Ce système fut adopté par le lycée Henri-IV, et finit par devenir la règle au cours des années 30, donnant ainsi naissance au cursus que nous connaissons aujourd’hui.

Depuis une réforme mise en place à la rentrée 2007, la classe de lettres supérieures est indifférenciée ; chaque élève de lettres supérieures a obligation de pratiquer au moins 2 heures hebdomadaires d’une langue ancienne, grec ou latin, et ce quel que soit le type de khâgne à laquelle il se prédestine, classique ou moderne.

Typologie

Il existe plusieurs types de khâgnes :

  • Une première distinction peut se faire entre les khâgnes B/L dispensant un enseignement en mathématiques et en sciences sociales, et les autres khâgnes, purement littéraires. La différenciation se fait dès l’année d’hypokhâgne et il est impossible d’entrer en khâgne B/L lors du passage en deuxième année. En philosophie, en lettres et en histoire, l’enseignement y est similaire à celui des khâgnes (classiques).
  • La différenciation entre les autres types de khâgne ne se fait officiellement qu’après la première année de classe préparatoire. En pratique, pourtant, dès l’hypokhâgne, de nombreux établissements dispensent un enseignement différent en fonction du type de khâgne envisagé.
    • Khâgne ou khâgne classique, préparant au concours A/L de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, la plus ancienne et la prestigieuse des écoles normales. Sa spécificité réside dans son caractère généraliste, pluridisciplinaire et surtout sans programme. Au concours, les six épreuves écrites sont affectées du même coefficient : une composition française, des dissertations philosophique et d’histoire contemporaine, une version de langue ancienne, une version de langue vivante, et une épreuve à option. L’épreuve d’histoire porte sur la France depuis 1870 et le monde depuis 1919 et la plupart des épreuves d’option sont sur programme. Dans les autres matières, il n’y a pas de programme spécifique. Environ 1 000 élèves par an suivent cette formation.
    • Cloud ou khâgne moderne (khâgne Saint-Cloud), préparant à l’École normale de Fontenay-Saint-Cloud, dite parfois ENS LSH. Le français et l’option sont surcoefficientés. L’étude d’une langue ancienne n’est pas obligatoire, mais il y a une épreuve obligatoire de géographie. La plupart des épreuves se font sur un programme qui change tous les ans. Environ 3 000 élèves.

Il faut noter que la section A du concours d’entrée à l’École nationale des chartes se prépare dans des classes préparatoires spécifiques. Cependant, le nom de ces classes est construit sur le modèle des khâgnes, qu’il s’agisse du nom officiel ou du nom argotique (hypochartes et chartes).

Généralités sur l’enseignement

Tous les élèves suivent un enseignement en français, philosophie, histoire-géographie et langue vivante. Dans tous les types de khâgnes, les élèves doivent choisir une option.

  • Khâgne et khâgne B/L. Au concours de l’ENS de la rue d’Ulm, l’épreuve à option compte autant que les autres matières à l’écrit, elle est légèrement surcoefficientée à l’oral. Les options proposées sont :
    • en B/L :
      • enseignement de spécialité dans l’une des cinq matières obligatoires
      • géographie
      • langue ancienne
    • en A/L :
      • enseignement de spécialité sur programme en lettres, en philosophie ou en histoire-géographie ou géographie.
      • lettres classiques (i.e : les deux langues anciennes, le latin et le grec).
      • langues vivantes, ce qui implique, à la fois une épreuve sur programme de première langue et l’étude d’une seconde langue vivante.
      • musique, histoire de l’art, études cinématographiques ou études théâtrales.
  • Khâgne moderne : les matières à option sont les mêmes qu’en khâgne classique, mais les épreuves sont différentes et le coefficient des matières optionnelles est doublé.

Débouchés

  • Les Écoles normales supérieures. C’est l’objectif originel de ces classes préparatoires, cependant, le taux de sélection y est très élevé. Les différents types de khâgnes préparent à différentes ENS : pour les khâgneux (classiques), l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, pour les Cloud, l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud (ENS LSH), à Lyon et l’ENS de Cachan option anglais. Pour les B/L, il existe un concours spécifique dans chacune des trois écoles.
  • Écoles de commerce (ESCP-EAP, ESSEC, HEC, etc.), voie littéraire.
  • École nationale de la statistique et de l’administration économique, concours économie (pour les khâgneux B/L).
  • Saint-Cyr, concours lettres. On le prépare souvent dans des classes spéciales, les corniches, dans des lycées militaires (comme celui d’Aix-en-Provence ou le Prytanée de La Flèche)
  • École nationale des chartes concours, pour devenir, le plus souvent, archiviste, paléographe, historien, ou conservateur de musée, après une khâgne spécifique, une khâgne ou une khâgne B/L.
  • Écoles de journalisme (IFJ, etc.) ou de communication (CELSA, etc.)
  • Instituts d’études politiques (Sciences Po), à l’issue d’une hypokhâgne ou d’une deuxième khâgne.
  • Université : La majorité des élèves des classes préparatoires littéraires poursuivent cependant leurs études à l’Université. Pendant leurs années de prépa, ils sont inscrits en parallèle dans une université qui peut leur accorder des équivalences. Il est généralement possible après l’année d’hypokhâgne d’obtenir une équivalence de première année de licence dans une ou plusieurs disciplines. Dans la grande majorité des cas, après une première Khâgne, les étudiants obtiennent une équivalence de deuxième année de licence, toutefois, surtout en Cloud, celle-ci est plus facilement accordée dans la matière dans laquelle le candidat suit l’enseignement d’option. Une sous-admissibilité à une École normale supérieure permet d’obtenir d’office cette équivalence. Après une deuxième Khâgne, on peut souvent obtenir une équivalence partielle ou totale de troisième année de licence. Les normaliens suivent un double parcours : en plus des enseignements spécifiques à leur école, ils accomplissent le cursus universitaire classique.

Khâgneux célèbres

Dans le désordre : Émile Durkheim, Laurent Fabius, Alain Juppé, François Bayrou, Pierre Bourdieu, Georges Pompidou, Jean-Paul Sartre, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Jorge Semprún, Raymond Aron, Jean Jaurès, Éric-Emmanuel Schmitt, Maurice Merleau-Ponty, Michel Foucault, Gilles Deleuze[1], Charles Péguy, Alain, Gérard Genette, Robert Merle, François Fédier, etc. Il est éminemment difficile d’en dresser une liste représentative, dans la mesure où une très grande quantité de philosophes, écrivains, hommes politiques, etc. célèbres du XXe siècle sont passés par les classes préparatoires (avec des exceptions notables comme Roland Barthes).


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