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Université

Université

Une université est un établissement d’enseignement supérieur dont l’objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Peirce[1], un philosophe américain a défini en 1891 l’Université comme « une association d’hommes ….dotée et privilégiée par l’État, en sorte que le peuple puisse recevoir une formation (guidance) intellectuelle et que les problèmes théoriques qui surgissent au cours du développement de la civilisation puissent être résolus ».

L’entrée à l’université est généralement restreinte à ceux qui ont préalablement un diplôme d’enseignement secondaire. Le nombre d’étudiants dans les universités du monde est monté en flèche pendant tout le vingtième siècle, spécialement depuis la seconde guerre mondiale. De nos jours un bon fonctionnement des universités et plus généralement de l’enseignement supérieur est considéré comme un atout économique. Aussi, les grands pays européens pour soutenir la compétition internationale se sont-ils lancés depuis une dizaine d’année dans un mouvement de réflexion et de réforme de leurs universités[2].

Cours de mathématiques à l'Université d'Helsinki

Cours de mathématiques à l’Université d’Helsinki

 

Quelques dates

Occident

-367 : L’Académie est fondée par Platon à Athènes. D’autres grandes institutions de la Grèce antique se trouvent dans les villes de Kos, Rhodes ainsi que dans le musaeum et la bibliothèque d’Alexandrie.

859 : Fondation de la première université médiévale en Europe, l’Université de Magnaura, par Bardas, régent à Constantinople.

1088 : Fondation de l’université de Bologne, la plus ancienne université du monde occidental. Elle a pris le nom d’Alma mater studiorum par un décret de 2000.

1150 : Fondation de l’université de Paris.

1167 (cca.) : Fondation de l’université d’Oxford, qui adopte le modèle de fonctionnement en vigueur à Paris.

XIIIe siècle : Développement des premières universités, école scolastique; Albert le Grand introduit la philosophie et la science grecques (Aristote, Euclide) et arabes dans les universités européennes.

1209 : Fondation de l’université de Cambridge.

1218 : Fondation de l’université de Salamanque par Alfons IX de Leon.

1220 : Le cardinal Conrad d’Urach, légat du pape Honorius III, crée l’école de Médecine de Montpellier (France), la plus ancienne faculté de médecine en activité au monde.

1229 : Fondation de l’université de Toulouse.

1257 : Fondation de la Sorbonne à Paris par le théologien français Robert de Sorbon

1290 : Fondation de l’université de Coimbra (Portugal).

1303 : Fondation de l’université d’Avignon

1331 : Fondation de l’université de Cahors

1348 : L’empereur Charles IV fonde l’université Charles de Prague.

1364 : Casimir le Grand fonde l’Université jagellonne de Cracovie (Pologne)

1386 : Fondation de l’université d’Heidelberg

1425 : Fondation de l’université de Louvain par une bulle pontificale du pape Martin V

1432 : Fondation de l’Université de Caen par Henri VI d’Angleterre. Elle a été refondée en 1452 par Charles VIII de France.

1434 : Fondation de l’Université de Catane par Alphonse V d’Aragon.

1441 : Fondation de l’Université de Bordeaux par une bulle pontificale du pape Eugène IV.

1477 : Fondation de l’université d’Uppsala en Suède, la plus vieille et la plus renommée de Scandinavie.

1502 : Fondation de l’université de Wittenberg, où étudie puis enseigne Martin Luther avant de déclencher la réforme protestante.

1537 : Fondation de l’université de Lausanne en Suisse.

1548 : Fondation de l’université de Reims

1579 : Fondation de l’université de Vilnius en Lituanie

1614 : Fondation de l’université de Groningue

1809 : Fondation de l’université Humboldt de Berlin, à l’initiative du réformateur libéral de l’éducation, et linguiste, Wilhelm von Humboldt.

Afrique du Nord et Moyen-Orient

271 : La fondation de l’Académie de Gundishapur marque la prise du flambeau par l’empire perse.

832 : Le calife Abbaside Haroun ar-Rachid fonde les maisons de la sagesse.

859 : Fondation de l’université Quaraouiyine à Fès, Maroc, première université dans le monde arabe et islamique.

970 : Fondation de l’université al-Azhar au Caire. Cette époque correspond à l’essor des sciences et techniques islamiques.

Orient

-2257 à -2208 : Pendant la période Yu, les premières institutions sont fondées en Chine.

258 : Fondation de l’Université de Nankin, une des institutions d’enseignement supérieur les plus vieilles du monde.

1895 : Fondation de l’Université Peiyang (Université de Tianjin) à Tianjin, la première université chinoise moderne.

Structures et statut des universités

Classe à l'université vers 1350s.

Classe à l’université vers 1350s.

Le mot université vient du latin Universitas magistrorum et scholarium qui désigne à l’origine la corporation des enseignants et des étudiants d’une même ville. Les universités sont aujourd’hui généralement divisées en départements académiques, écoles ou facultés (appelés en France de nos jours Unités de Formation et de Recherche). Aux Etats-Unis certains établissements que seraient classés, en France, sous l’appellation Grande école sont intégrés à des universités. Par exemple une école de commerce telle que la Harvard Business School est un département de l’université d’Harvard. Cela amène Jacques Mistral [3] à voir Harvard comme une fédération de grandes écoles (Harvard Law School, John F Kennedy School of Government, Harvard Medical School, Harvard School of Public Health, Graduate School of Design etc.). Une université peut être :

  • soit publique, autrement dit controlée et financée par une collectivité publique, système largement pratiqué en France par exemple où l’enseignement supérieur reste essentiellement du domaine de l’État, celui-ci leur conférant une certaine autonomie. Paradoxalement l’Etat en France ne confie pas la formation de son personnel aux universités mais depuis le milieu du 18°siécle aux grandes écoles administratives.
  • soit privée. Ce fut sous cette forme que furent créées les premières universités. Le système reste très répandu dans certains pays, notamment les États-Unis d’Amérique. Il convient de noter que privé ne veut pas forcément dire qu’il s’agit d’établissements qui cherchent à faire du profit. Aux Etats-Unis de nombreuses universités appartiennent à des fondations, des associations ou des congrégations.

Universités et croissance économique

Les universités, et plus globalement l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur, sont de nos jours considérées par les économistes comme pouvant être des vecteurs de croissance économique (théorie de la croissance endogène). Des études récentes ont insisté, d’une part sur le fait que selon que le pays était proche ou loin de la « frontière technologique », les caractéristiques du système d’enseignement supérieur devaient évoluer et d’autre part, sur l’importance des relations entre les universités et leur environnement géographique (notion de pôle de compétitivité).

Approche de la frontière technologique et évolution des universités

D’une étude de 2004, intitulée « Education et croissance économique », de Philippe Aghion et Elie Cohen il ressort que selon que le pays est loin ou proche de la « frontière technologique » c’est-à-dire, de nos jours, du niveau technologique des États-Unis, les exigences en matière de système éducatif varient. Dans le premier cas, le pays est en phase de rattrapage, comme l’a été la France après la Seconde Guerre mondiale. Ce qui compte alors c’est d’abord l’enseignement secondaire. Au contraire dès que l’on approche de la frontière technologique, l’enseignement supérieur, notamment les universités, devient beaucoup plus important. En effet, alors le pays n’est plus dans l’imitation mais dans la création, dans l’invention des produits et des services de demain. D’où l’intérêt pour les pays, tel que la France, qui se rapprochent de la frontière technologique d’avoir des universités de rang mondial davantage orientées vers la recherche et la créativité. Cela passe aussi parfois par des changements organisationnels destinés à rendre les universités plus réactives et plus proche des acteurs économiques. De nos jours le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) renforce ce trait.

Universités et pôle de compétence

 
Silicon Valley (Vallée du silicium)

Silicon Valley (Vallée du silicium)

Pour Christian Blanc[4] « l’économie repose sur l’échange de deux types de savoir : d’une part le savoir formalisé, codifié, écrit, c’est-à-dire l’information et d’autre part le savoir tacite, qui permet d’utiliser l’information, d’en juger la qualité de l’appliquer à un problème concret, ou connaissance. La connaissance est nécessaire à la création ». Or si l’information circule mondialement, la connaissance comme définie plus haut reste plus localisée. C’est l’idée qu’il y a derrière le terme américain de « cluster » que Michael Porter[5] a défini comme « un groupe d’entreprises et d’institutions partageant un même domaine de compétence, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires ». Parmi les exemples célèbres de Cluster, il est possible de citer la Silicon Valley autour de l’université de Stanford. Les universités jouent dans le cas des « clusters » appelés en France pôle de compétitivité un rôle clé car c’est sur elles que repose en très grande partie les capacités d’innovation. Pour Blanc [6] pour qu’une pôle de compétitivité soit efficace, il faut que les leviers de la compétitivité soient entre les mains des autorités qui gèrent les périmètres locaux, comme c’est le cas en Catalogne espagnole par exemple et que les universités aient elles-mêmes une autonomie forte qui les rendent capables d’« assumer des responsabilités importantes » [7]. Aussi, aujourd’hui dans les pays développés (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Espagne,…), comme d’ailleurs dans les autres ( l’Inde autour de Bangalore,…) les relations entre les grandes écoles ou les universités, les centres de recherche et développement, et les entreprises tendent à être organisées dans des bassins d’emploi territoriaux, dans le cadre de pôles de compétence et de projets d’intelligence économique territoriale.

Les universités dans le monde

Les universités aux États-Unis

Le système universitaire de ce pays est de nos jours considéré comme de très bon niveau, voire comme le premier au monde, à tel point qu’il sert souvent de référence. L’étude de l’université de Shanghai de 2004 place 17 universités des États-Unis dans les 20 premières, Harvard figurant en première position[8].

Harvard Yard à Cambridge, MA, États-Unis

Harvard Yard à Cambridge, MA, États-Unis

Le système universitaire américain s’est beaucoup développé à la fin du 19° siècle avec la création de nombreuses universités dont certaines sont aujourd’hui fort connues : université Stanford (1891) en Californie, université Johns-Hopkins (1876), université Cornell (1865), Université de Chicago (1892) etc.. Ces universités adopteront en partie le modèle allemand et allieront enseignement et recherche. Par ailleurs, il va être introduit rapidement des cursus qui en Europe , « en raison de préjugés hérités de la société précapitaliste, ne sont pas jugés dignes de l’université [9] c’est le cas de la finance et du commerce avec la création dés 1881 de la Wharton School of Finance de l’Université de Pennsylvanie. En France, de grandes écoles commerciales seront également fondées à cette époque (HEC créée en 1881) mais seront placés hors des universités. La force des exécutifs universitaires est alors un élément distinctif du système américain par rapport aux modèles germaniques et français.[10]

Le système américain est très varié. À côté d’institutions privées sans but lucratif très prestigieuses comme Stanford ou Harvard on trouve des universités appartenant aux États dont certaines sont également renommées comme l’université de Berkeley. Dans les universités publiques ou privées, les études de base (undergraduate) durent quatre ans et mènent au Bachelor Degree. Elles peuvent être suivies d’un Master’s Degree en un an ou d’un PhD en général en trois ans. À coté des universités on trouve des Community Colleges qui dispensent des formations en deux ans. Suite à quoi, l’étudiant peut soit arrêter les études soit entrer dans une université. Si le terme college est en général réservé à l’enseignement court, des établissements comme Boston College ou Darmouth College bien que s’intitulant pour des raisons historiques college sont de vraies universités. La « Carnegie Basic Classification » [11] distingue les Universités donnant des doctorats (Doctorate-granting Universities (I)) des collège et universités délivrant surtout des masters (Master’s Collegues (IIA)), des collèges s’arrêtant à la licence ( Baccalaureate colleges (IIB)) et des collèges associés (Associate’s Colleges (III)).

L’inscription en université dépend des résultats obtenus au cour des trois dernières années de lycée et des scores obtenus à des tests : les SAT (Standardized Aptitude Tests) et les AP (Advanced Placements)[12]

Les Universités dans l’Europe des 25

Dans une étude de septempbre 2007, l’Institut Bruegel[13] a cherché à analyser les raisons du décrochage des principaux établissements d’enseignement supérieurs européens par rapport à leurs homologues des Etats-Unis. Deux faits ont été mis en exergue : un moindre investissement 1,3% du PIB contre 3,3% du PIB aux Etats-Unis ; une moindre autonomie des universités. Les auteurs insistent particulièrement sur ce point et montrent qu’aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, c’est un élément clé qui affecte positivement les apports financiers faits aux universités [14].

Les universités en France

 
La Sorbonne, Paris, au 17° siécle

La Sorbonne, Paris, au 17° siécle

Les universités ont été supprimées par la Révolution. Sous l’Empire a été instaurée en 1808 une université impériale dont certaines caractéristiques perdurent : forte centralisation et découpage disciplinaire strict en facultés. Ces traits seront atténués d’abord en 1893 par la création d’universités par ville puis par la loi Faure de 1968. Malgré tout le découpage disciplinaire reste marqué et l’autonomie assez limitée [15]

En 1938, les universités en France comptaient 60 000 étudiants, ce chiffre passe à 300 000 en 1968 à 1 515 000 à la rentrée 2001-2002 [16]. Au début des années 2000, environ 500 000 étudiants suivaient un cursus de lettres et de sciences humaines , 350 000 en droit et en sciences économiques, un peu plus de 200 000 en sciences et 140 000 dans le secteur de la santé [17]. La question de savoir pourquoi tant d’étudiants se dirigent vers des filières offrant peu de débouchés directs a intrigué les chercheurs. Pour Fave-Bonnet (1997), il s’agirait d’une position de repli plus subie que voulue, pour Alain Renaut au contraire,cela traduirait une demande de culture générale. Jacques Mistral [18] pour satisfaire cette demande plaide pour des Collèges universitaires où les étudiants pourraient « consolider les fruits de l’enseignement secondaire », « apprendre les langages et les codes de la vie en société », « satisfaire des curiosités variés » « approfondir progressivement une discipline » et amorcer ainsi leur spécialisation.

Dans leur rapport au CAE (Conseil d’Analyse Economique), Philippe Aghion et Elie Cohen estimaient que si les universités françaises et plus généralement l’enseignement supérieur en France étaient adaptés à une économie en phase de rattrapage , ils l’étaient beaucoup moins à une économie proche de la « frontière technologique ». Pour que les universités françaises puissent jouer pleinement leur rôle dans cette situation, il faudrait pour ces auteurs[19] revenir sur la double coupure fondatrice de l’enseignement supérieur et de la recherche en France à savoir : la dissociation de l’éducation et de la recherche d’une part, et le découpage entre formations sélectives et non sélectives d’autre part. En effet,une économie de la connaissance requiert d’une part une complémentarité accrue entre recherche appliquée, recherche fondamentale et enseignement doctoral et d’autre part que les dirigeants soient eux-mêmes formés à la recherche. Dans le cadre d’une économie proche de la frontière technologique, il est important d’investir dans le supérieur. En 2001, les Etats-Unis[20] avaient investi 2.3% de leur PIB (1.1% en investissements publics et 1.2% en investissement privés) dans ce domaine contre 1.1% en France (1% public, 0.1% privé). Dans leur rapport Philippe Aghion & Elie Cohen plaidaient pour une approche incrémentale c’est-à-dire pour une série de mesures de faibles ampleurs mais susceptibles de mettre les acteurs en mouvement et en capacité de s’approprier les réformes. A l’opposé, des économistes tels Jean-Hervé Lorenzi ou Michel Mougeot estiment que la démarche incrémentale ne serait pas à la hauteur des enjeux[21]. Jean Tirole[22] se prononce en faveur d’une autonomie des universités et d’un recours à une part de financement privé de façon à ce que les étudiants des universités françaises reçoivent un enseignement de qualité et que la France ait une recherche en ligne avec son potentiel.

Les Universités au Royaume-Uni

Blason de l'Universié d'Oxford

Blason de l’Universié d’Oxford

Si les deux universités les plus connues sont aussi les plus anciennes Oxford et Cambridge, à la fin du dix neuvième siècle on assiste à la création de nombreux établissements : université de Manchester (1851), université d’Aberystwyth (1874) au Pays de Galles, London School of Economics (1895) etc.. En 1861 Oxford et Cambridge revaient 2 400 étudiants, ce chiffre est passé à 5 881 en 1901 pour dépasser 10 000 en 1931 [23]. Actuellement ces deux universités ensemble accueillent environ 35 000 étudiants. Les universités d’Oxford et de Cambridge élisaient chacune un député à la Chambre des communes jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. William Ewart Gladstone a été longtemps élu par l’université d’Oxford. C’est également lui qui au début des années 1850, procéda à une réforme de l’université en même temps qu’il fit beaucoup pour que les postes de la fonction publique anglaise soient pourvus par concours.


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