Référentiel de compétences enseignant en 2026 : les 19 attendus, leur évaluation et leurs preuves en classe

Le référentiel de compétences enseignant applicable en 2026 reste celui fixé par l’arrêté du 1er juillet 2013. Il comporte 14 compétences communes aux professeurs et personnels d’éducation, auxquelles s’ajoutent 5 compétences propres aux professeurs. Soit 19 attendus pour un enseignant. La grille de titularisation a évolué en 2026, mais elle s’appuie toujours sur ce cadre.

Référentiel de compétences enseignant : quel texte s’applique en 2026 ?

Le texte de référence est l’arrêté du 1er juillet 2013. Il est publié au Journal officiel du 18 juillet 2013 et entre en vigueur le 1er septembre suivant. Au 18 août 2026, Légifrance le signale toujours comme en vigueur.

L’arrêté définit les compétences attendues des professeurs, des professeurs documentalistes et des conseillers principaux d’éducation. Il distingue un socle commun et des compétences propres à chaque métier. Les enseignants relèvent des compétences CC1 à CC14, puis de P1 à P5.

Ancien ne signifie pas abrogé.

Une confusion vient de la réforme de la formation initiale applicable à la rentrée 2026. La note de service du 29 juin 2026 modifie l’organisation de la formation, de l’évaluation et de la titularisation. Elle accompagne notamment l’ouverture des concours dès la troisième année de licence et la création du master enseignement et éducation, ou M2E.

Cette réforme ne remplace pas le référentiel de 2013. Ses annexes reprennent les mêmes codes de compétences. Elles précisent les comportements attendus à l’entrée dans le métier et la manière dont les évaluateurs remplissent leur grille.

En 2026, le référentiel officiel reste celui de 2013. Ses modalités d’utilisation ont été actualisées.

Le Conseil scientifique de l’éducation nationale a bien publié une proposition organisée en sept chapitres. Ce document nourrit le débat sur la formation des enseignants. Il n’a pas la portée réglementaire d’un arrêté.

Documents à conserver : l’arrêté consolidé de 2013, l’annexe 8 consacrée aux degrés d’acquisition et l’annexe 9 utilisée pour l’évaluation des professeurs stagiaires.

Les 14 compétences communes expliquées sans réciter l’arrêté

Les compétences CC1 à CC14 forment la culture professionnelle commune des professeurs et personnels d’éducation. On peut les organiser en quatre familles. Cette lecture est plus utile qu’une récitation, surtout avant une visite de classe ou un entretien avec un tuteur.

La première famille concerne le service public. CC1 demande de faire partager les valeurs de la République. CC2 place l’action professionnelle dans le cadre institutionnel et réglementaire de l’École. Ces compétences couvrent la laïcité, l’égalité, la neutralité, la sécurité et les obligations du fonctionnaire.

La deuxième famille porte sur les élèves. CC3 concerne les mécanismes d’apprentissage. CC4 demande de prendre en compte leur diversité. CC5 couvre l’accompagnement des parcours. CC6 traite de la responsabilité éducative, de l’éthique, du refus des discriminations et de la protection des élèves.

Les quatorze compétences n’apparaissent jamais toutes dans une même séance.

CC7 et CC8 concernent la communication en français et l’usage professionnel d’une langue étrangère. CC9 porte sur la culture numérique. Sa rédaction de 2013 reste générale : choisir des ressources, soutenir les apprentissages et développer des usages responsables.

La troisième famille décrit le travail collectif. CC10 concerne la coopération dans l’équipe. CC11 vise la participation à la communauté éducative. CC12 porte sur la relation avec les familles, tandis que CC13 concerne les partenaires de l’école.

CC14 ferme la liste avec le développement professionnel. L’enseignant actualise ses connaissances, analyse sa pratique et identifie ses besoins de formation. Cette compétence devient visible lorsqu’un retour de visite produit une modification concrète.

Le référentiel décrit une culture professionnelle commune, pas quatorze gestes à exécuter pendant chaque cours.

Prenons un élève qui décroche. CC4 conduit à analyser ses besoins. CC6 impose une réponse respectueuse et protectrice. CC12 intervient lorsqu’un échange avec la famille devient nécessaire. Une même situation mobilise donc plusieurs compétences.

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Repère : les compétences communes expliquent comment agir comme membre du service public. Elles ne décrivent pas encore toute la fabrication d’un enseignement.

P1 à P5 : les cinq compétences propres au travail d’enseignant

Les pages qui résument le référentiel en 14 points donnent une réponse incomplète. Un professeur doit aussi maîtriser cinq compétences directement liées à l’enseignement. Le compte utile est donc 19 compétences.

P1 concerne les savoirs disciplinaires et leur didactique. Connaître un contenu ne suffit pas pour l’enseigner. Il faut repérer les difficultés, choisir une progression et transformer le savoir en situations accessibles aux élèves.

P2 porte sur la maîtrise du français dans le cadre de l’enseignement. Une consigne correcte sur le plan grammatical peut rester incompréhensible. Le professeur doit ajuster son vocabulaire et reformuler sans déformer le contenu.

Pour un professeur, le compte utile est dix-neuf.

P3 couvre la construction et l’animation des situations d’apprentissage. P4 concerne le fonctionnement du groupe, l’autorité et la socialisation. P5 demande d’évaluer les progrès et d’utiliser les résultats pour ajuster la suite.

Une séance solide associe un savoir juste, une situation adaptée, un groupe disponible et une évaluation exploitable.

Ces compétences fonctionnent ensemble. Une évaluation mal alignée sur l’objectif fragilise P5, mais révèle parfois un problème plus ancien dans P1 ou P3. C’est précisément pour cela qu’une grille ne se lit pas ligne par ligne.

Erreur fréquente : documenter les 14 compétences communes dans un portfolio et laisser P1 à P5 dans les préparations quotidiennes, sans preuve explicite.

Comment le référentiel intervient dans l’évaluation et la titularisation

La grille d’évaluation publiée en 2026 reprend les compétences du référentiel et les traduit en items observables. Son utilisation par les évaluateurs a un caractère impératif.

Elle ne produit pas une note sur vingt. Chaque item évalué est classé dans l’une de deux colonnes : « suffisamment acquise » ou « insuffisamment acquise ». Un commentaire doit accompagner les insuffisances relevées, surtout lorsqu’un avis défavorable est envisagé.

Les premiers items concernent le cadre institutionnel. L’évaluateur observe le respect de la laïcité, de l’égalité, de la sécurité et de la confidentialité. Il examine aussi la ponctualité, l’assiduité et le positionnement d’adulte responsable.

La grille aborde ensuite la communication, le travail en équipe et les échanges avec les familles. Elle évalue la maîtrise disciplinaire, la préparation des séquences, la gestion du groupe, l’adaptation aux élèves et l’utilisation des résultats d’évaluation.

Il n’existe pas de note globale sur vingt.

Les évaluateurs varient selon le corps, le concours et le parcours. L’inspecteur, le chef d’établissement, le tuteur ou le responsable de formation n’observent pas toujours les mêmes situations. Le jury se prononce à partir du dossier et des avis prévus par les textes.

Voici la partie délicate : toutes les compétences ne sont pas évaluables dans chaque contexte. La grille l’admet. Certains items peuvent rester non renseignés si les conditions d’exercice ne permettent pas une observation sérieuse.

La titularisation repose sur plusieurs avis et sur des faits professionnels, pas sur une déclaration d’intention.

Le tuteur peut décrire une progression sur plusieurs mois. L’inspecteur observe une séance et consulte les documents préparatoires. Le chef d’établissement dispose d’éléments sur la ponctualité, la communication et l’inscription dans le collectif.

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Avant une visite : relisez les items de la grille officielle. Les intitulés de l’arrêté donnent la direction, mais les descripteurs montrent ce qui sera effectivement regardé.

Le texte est compris. La classe, elle, ne produit aucune case toute seule.

Quelles preuves associer aux compétences observées en classe ?

Une compétence devient crédible lorsqu’elle repose sur une situation, une décision et une trace. Écrire « je différencie mon enseignement » dans un portfolio apporte peu. Montrer une consigne adaptée, expliquer le besoin repéré et analyser la production obtenue change la qualité du dossier.

Pour P1 et P3, une progression annotée constitue une bonne base. Elle doit faire apparaître les objectifs, les prérequis, les obstacles anticipés et l’ordre des apprentissages. Une fiche téléchargée puis imprimée sans modification prouve seulement qu’un document a été utilisé.

P5 se documente avec une évaluation et l’usage qui en découle. Supposons que huit élèves sur vingt-quatre échouent au même exercice. La preuve utile comprend le résultat, l’hypothèse formulée et la remédiation organisée. Si le cours suivant reste inchangé, l’évaluation n’a pas servi à réguler la pratique.

Une compétence déclarée reste invisible.

CC4 peut être illustrée par l’adaptation d’un support, l’étayage d’une consigne ou le recours à une personne ressource. Pour CC12, un compte rendu factuel d’échange avec une famille vaut mieux qu’une formule vague sur la « coéducation ».

CC14 demande une trace de recul. Un enseignant peut partir d’un retour du tuteur sur des consignes trop longues. Il les raccourcit, vérifie leur compréhension avant l’activité et compare les erreurs obtenues. Le changement est modeste, mais documenté.

La meilleure preuve relie une décision de l’enseignant à un besoin observé et à un effet vérifiable.

Toutes les traces ne doivent pas être ajoutées au portfolio. Certaines contiennent des données personnelles ou des informations confidentielles. Les productions d’élèves doivent être anonymisées. Les échanges avec les familles ne se copient pas sans précaution.

Méthode : pour chaque compétence travaillée, conserver une trace courte, expliquer la décision prise et noter ce qui sera modifié la prochaine fois.

Professeur documentaliste, CPE et enseignant spécialisé : les référentiels complémentaires

Le socle CC1 à CC14 concerne plusieurs métiers, mais leurs responsabilités diffèrent. Le référentiel ajoute donc des compétences spécifiques aux professeurs documentalistes et aux CPE.

Les professeurs documentalistes relèvent de D1 à D4. Ces compétences couvrent l’éducation aux médias et à l’information, la politique documentaire, l’organisation des ressources et l’ouverture culturelle de l’établissement. Elles complètent leurs compétences d’enseignant.

Les CPE disposent de huit compétences, de C1 à C8. Elles portent notamment sur les conditions de vie des élèves, le respect des règles, l’animation de la vie scolaire et l’accompagnement des parcours.

Le socle est commun. Le métier reste spécifique.

L’enseignant spécialisé conserve les compétences du professeur. Le référentiel lié au CAPPEI ajoute trois fonctions : intervenir dans un dispositif inclusif, analyser les besoins éducatifs particuliers et agir comme personne ressource.

Une fonction spécialisée ajoute des attendus professionnels sans effacer les obligations communes.

Un enseignant préparant le CAPPEI ne remplace donc pas P1 à P5 par trois compétences nouvelles. Il doit articuler les deux cadres, notamment lorsqu’il conseille une équipe ou construit une réponse adaptée.

Repère métier : professeur, professeur documentaliste, CPE et enseignant spécialisé partagent un cadre, mais ne préparent pas le même dossier de preuves.

Numérique et IA : ce que le texte de 2013 ne dit plus assez

CC9 demande d’intégrer la culture numérique nécessaire à l’exercice du métier. Le texte parle d’individualisation, d’apprentissage collaboratif et d’usage responsable d’Internet. Ces formulations restent valables. Elles ne suffisent plus pour traiter l’IA générative, les biais ou la circulation des données.

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Le CRCN-Édu apporte un cadre professionnel plus précis. Depuis juillet 2026, il bénéficie d’une reconnaissance réglementaire. Le dispositif Pix+ Édu permet de s’auto-positionner, de suivre des parcours et de valoriser certaines compétences numériques.

Utiliser un outil ne prouve pas une compétence numérique.

Une activité avec une IA générative doit partir d’un objectif pédagogique identifiable. Le professeur vérifie les résultats produits, anticipe les erreurs et protège les données personnelles. Il doit aussi pouvoir expliquer pourquoi cet outil apporte quelque chose. Si une recherche documentaire classique fonctionne mieux, l’IA peut rester fermée.

Le référentiel de l’UNESCO ajoute une autre lecture. Il propose 15 compétences réparties entre approche humaine, éthique, fondements techniques, pédagogie et développement professionnel. Ses niveaux vont de l’acquisition à la création.

La compétence commence lorsqu’on peut expliquer l’intérêt pédagogique de l’outil, ses risques et la méthode de contrôle.

Ces cadres n’ont pas la même portée. CC9 appartient au référentiel professionnel français. Le CRCN-Édu structure les compétences numériques pour l’éducation. Le document de l’UNESCO fournit une référence internationale, sans remplacer le droit national.

Cas concret : faire anonymiser une consigne avant de l’envoyer à une IA, contrôler les références générées et comparer la réponse avec une source institutionnelle.

Le nouveau référentiel du CSEN reste une proposition

Le Conseil scientifique de l’éducation nationale propose une architecture inspirée du modèle australien. Elle comprend sept chapitres, consacrés aux élèves, aux contenus, aux méthodes d’enseignement, au climat d’apprentissage, à l’évaluation, à la formation et aux relations professionnelles.

Le projet prévoit plusieurs niveaux de maîtrise au fil de la carrière. Cette gradation répond à une faiblesse du référentiel de 2013, qui affirme une acquisition progressive sans toujours la rendre lisible.

Sept chapitres proposés ne remplacent pas dix-neuf compétences réglementaires.

Le débat porte surtout sur les « techniques d’enseignement efficaces ». Le SNALC redoute une prescription de méthodes qui limiterait la liberté pédagogique. Le CSEN défend de son côté un référentiel plus précis et davantage appuyé sur la recherche.

Un document publié par une instance ministérielle n’est pas automatiquement un arrêté applicable.

Le vocabulaire compte ici. On peut parler de projet, de proposition ou de piste de refonte. L’expression « nouveau référentiel officiel » serait fausse tant qu’aucun texte réglementaire ne modifie ou n’abroge l’arrêté de 2013.

À surveiller : une publication au Journal officiel ou au Bulletin officiel qui changerait explicitement le référentiel en vigueur.

Le débat existe. Le droit, pour l’instant, n’a pas changé.

Utiliser le référentiel pour progresser sans cocher des cases

Une méthode simple consiste à choisir deux compétences par période. Pour chacune, on conserve une trace, on demande un retour précis au tuteur et on décide d’un ajustement testable.

Deux progrès documentés valent mieux qu’un portfolio rempli à la hâte.

Les 19 attendus ne se travaillent pas avec la même intensité chaque semaine. P3 et P4 dominent souvent les premières visites. CC12 devient visible lors d’un échange avec une famille. CC14 apparaît lorsque l’enseignant analyse ce qui a changé.

Le référentiel de compétences enseignant devient utile lorsqu’il conduit à modifier une pratique précise.

Cycle de travail : observer, documenter, échanger, puis ajuster. La grille reste un support. Le métier se construit dans les décisions prises avec les élèves.