La formation DDA impose aux professionnels concernés au moins 15 heures de formation continue par an. Ces heures doivent correspondre aux activités exercées et pouvoir être justifiées. Acheter un pack ne suffit donc pas : il faut suivre les séquences prévues et conserver les documents correspondants.
Avant de choisir un organisme, rassemblez les formations déjà suivies, vérifiez leur contenu et calculez ce qui manque. Vous pourrez ensuite comparer les programmes et les prix sur une base utile. Les situations proposées ci-dessous sont fictives : elles illustrent les décisions à prendre.
Formation DDA : qui doit suivre les 15 heures annuelles
L’obligation concerne notamment les intermédiaires d’assurance et leur personnel qui recommandent, présentent ou proposent des contrats, ou participent aux travaux préparatoires à leur conclusion. Elle vise aussi les salariés concernés des entreprises d’assurance et de réassurance. Le périmètre dépend des activités exercées, comme le précise l’article L. 511-2 du Code des assurances.
L’activité réelle fait la différence.
Deux collaborateurs portent le titre de gestionnaire. L’un traite uniquement des opérations administratives ; l’autre propose aussi des garanties complémentaires. Leurs situations doivent être examinées séparément.
L’ACPR exclut notamment les personnels exerçant uniquement des activités de gestion de contrats et les intermédiaires d’assurance à titre accessoire. Cette dernière expression désigne une catégorie juridique précise. Elle ne signifie pas simplement que l’assurance occupe peu de place dans votre chiffre d’affaires ou votre emploi du temps.
[!IMPORTANT]
La formation continue DDA se distingue de la formation initiale destinée à acquérir la capacité professionnelle IAS. Un parcours annuel ne remplace pas cette capacité.
Les dirigeants d’intermédiaires sont également concernés. Pour établir la liste des personnes à former, partez des missions et des responsabilités, puis documentez votre analyse. Un intitulé de poste, une ancienneté importante ou l’absence de rendez-vous clients ne suffisent pas à trancher.
Faire le point sur vos heures avant de choisir un parcours
Commencez par le décompte.
Rassemblez les actions suivies auprès des organismes, assureurs et équipes internes. Pour chacune, examinez le programme, les compétences travaillées et les informations disponibles sur sa réalisation. L’article R. 512-13-1 autorise plusieurs séquences, consécutives ou non. Vous pouvez donc construire un parcours à partir de plusieurs actions adaptées.
Vous disposez de 6 heures documentées et de 4 heures à vérifier. Si ces dernières sont retenues, il reste 5 heures ; sinon, 9 heures.
Le calcul vient après la vérification. Un webinaire commercial ne devient pas automatiquement une formation recevable parce qu’il dure une heure. Recherchez ses objectifs pédagogiques et son contenu. Comme pour la liste des personnes concernées, conservez une trace du raisonnement suivi pour retenir une action.
Séparez les heures confirmées de celles qui restent à examiner. Une inscription ou une réservation ne prouve pas que la formation a été suivie.
Choisir les compétences utiles à vos contrats et à votre fonction
Un programme pertinent répond aux situations rencontrées dans votre travail. Pour un courtier en assurances de professionnels, la prévention des risques et les garanties de responsabilité peuvent mériter un approfondissement. Un conseiller distribuant de l’assurance-vie aura d’autres besoins, notamment sur les produits d’épargne et leurs risques.
Un cabinet développe son portefeuille de commerces. Il choisit une formation sur la visite de risques et les pertes d’exploitation, puis vérifie son adéquation aux missions des participants.
Les fonctions couvrant plusieurs familles de produits demandent parfois un arbitrage. L’arrêté du 26 septembre 2018 prévoit des compétences générales et spécifiques, adaptées aux produits distribués, aux modes de distribution et aux fonctions. Un catalogue très large ne garantit pas que chaque module vous sera utile.
Le programme doit correspondre au poste.
[!TIP]
Demandez les objectifs et le programme détaillé. Le titre « actualité assurance » renseigne peu sur les compétences effectivement travaillées pendant la formation.
Examinez aussi votre canal de vente. La distribution à distance peut justifier un travail sur les échanges et l’information du client. Un thème ESG mérite sa place lorsqu’il correspond à vos produits et missions ; son intitulé seul ne justifie pas de l’ajouter systématiquement.
Vérifier les justificatifs avant de s’inscrire
Demandez ce que vous recevrez après la formation et quelles informations figureront dans les documents. Le Code prévoit de pouvoir produire la liste des actions suivies, avec l’entité formatrice, les dates, la durée, les modalités et les thèmes traités. Vérifiez ces éléments avant de payer, surtout lorsque plusieurs prestataires interviennent.
Suivi individuel, exemple fictif : Nadia, formation sur le devoir de conseil, organisme Exemple, 12 octobre 2026, 3 heures en classe virtuelle. Programme et justificatif de réalisation associés au dossier.
Une attestation générique peut nécessiter des pièces complémentaires pour retrouver ces informations. Le programme décrit les sujets ; les documents de réalisation renseignent le suivi. Rassemblez-les dans un dossier individuel accessible à la personne responsable. Évitez de laisser les seules copies dans la messagerie d’un collaborateur susceptible de quitter le cabinet.
Pour une formation interne, préparez aussi la documentation utile. Le caractère interne de l’action ne supprime pas le besoin de justifier son contenu et sa réalisation.
Chaque personne doit pouvoir justifier ses heures.
Reprenez ensuite le décompte établi plus haut. Une action terminée mais mal documentée reste à examiner avant de clôturer le dossier. Suivez séparément le nombre de personnes ayant terminé leur parcours et celui des dossiers complets. Ces deux indicateurs révèlent des problèmes différents, pédagogiques ou administratifs.
Éligible DDA, Qualiopi, quiz : ce que ces mentions prouvent
Reste la promesse commerciale.
La mention « éligible DDA » appelle une vérification du programme au regard de votre activité. Qualiopi atteste la qualité du processus du prestataire et intervient dans l’accès aux financements concernés. Elle ne remplace pas l’examen des contenus, des durées et des justificatifs annoncés pour votre parcours.
« Parcours éligible DDA, organisme certifié Qualiopi, validation par quiz » : trois mentions qui répondent à trois questions différentes.
L’ACPR précise qu’elle ne valide ni les organismes, ni les contenus, ni les parcours. Un quiz peut constituer une condition de validation fixée par le prestataire. Son seuil de réussite ne devient pas une règle nationale applicable à toutes les formations DDA.
Vérifiez ce que chaque mention couvre. La preuve attendue reste liée à la formation suivie ; un logo ne remplace pas le dossier documentaire.
Comparer les prix et les financements sur le même périmètre
Comparer deux tarifs demande de regarder ce qu’ils couvrent. Un parcours autonome de 15 heures et une journée spécialisée avec un formateur correspondent à des prestations différentes. Vérifiez la durée, l’accompagnement, les documents remis et la base fiscale avant de calculer un coût par heure.
Tarifs relevés le 30 octobre 2026 : Courtage Academy affiche 134 € TTC pour 15 heures ; L’Argus de l’assurance, certaines journées à partir de 995 € HT.
Comparez le même service.
Les règles de financement dépendent du statut et de l’action choisie. Consultez les conditions du financeur compétent et demandez confirmation de la prise en charge. Une formation annoncée DDA n’est pas automatiquement éligible au CPF. Une promesse de remboursement ne constitue pas un accord de financement.
Faites préciser le prix total et les prestations incluses sur le devis. Vérifiez les démarches et délais du financeur avant de commencer.
E-learning ou présentiel : organiser les heures sans bloquer l’activité
Le distanciel autonome convient lorsque vous pouvez réserver des créneaux réguliers et avancer sans rendez-vous. Une classe virtuelle facilite les questions sur des dossiers précis. Choisissez selon le besoin d’échange et les disponibilités réelles. Un accès permanent à la plateforme ne crée pas, à lui seul, du temps pour apprendre.
Dans un cabinet fictif, chaque personne réserve ses séances dans l’agenda partagé ; le responsable vérifie ensuite l’avancement et les documents disponibles.
Distinguez la durée d’accès à la plateforme de l’obligation annuelle. Douze mois d’accès ne modifient pas cette obligation.
Pour votre formation DDA, vérifiez le décompte puis réservez les créneaux nécessaires.

