Les dix formations qui concentrent le plus de vœux sur Parcoursup en 2025
En 2025, 630 000 lycéens de terminale ont confirmé au moins un vœu sur Parcoursup. C’est 5 000 de plus que l’année précédente. Le nombre moyen de vœux par candidat atteint désormais 14, contre 7,7 en 2018. Cette inflation révèle une stratégie défensive généralisée : face à l’incertitude, on multiplie les candidatures. Comprendre quelles sont les formations les plus demandées sur Parcoursup devient alors un préalable pour construire une stratégie cohérente.
Données : ministère de l’Enseignement supérieur, bilan de la phase de confirmation des vœux 2025.
Le PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) écrase la concurrence avec 842 137 vœux. Ce chiffre vertigineux s’explique par l’effet sous-vœux : un candidat coche une seule case mais postule dans plusieurs universités simultanément. Les écoles d’ingénieurs post-bac suivent avec 747 499 vœux, portées par la diversification des concours communs. Le Diplôme d’État Infirmier complète le podium à 722 901 vœux, confirmant l’attractivité des métiers de santé au-delà de la médecine.
La licence de droit maintient sa quatrième place historique avec 359 728 vœux. Elle reste le premier choix des bacheliers généraux attirés par les carrières juridiques ou politiques. Le BUT Techniques de commercialisation (222 849 vœux) et le BUT GEA (214 225 vœux) illustrent la montée en puissance des IUT depuis le passage au format bac+3.
À retenir : un vœu sur Parcoursup n’équivaut pas à un candidat unique. Le PASS cumule 842 000 vœux, mais cela représente environ 180 000 candidats distincts qui postulent chacun dans plusieurs universités.
Les classes préparatoires scientifiques MPSI et PCSI conservent leur place dans le top 10, malgré une légère érosion. Le BTS MCO (Management Commercial Opérationnel) attire 174 861 vœux, principalement issus des filières technologiques et professionnelles. Enfin, les Programmes Grande École des écoles de commerce post-bac ferment la marche avec 163 834 vœux.
Ce classement masque une réalité importante : être très demandé ne signifie pas être inaccessible. Ces chiffres impressionnent. Ils ne racontent pourtant qu’une partie de l’histoire.
Pourquoi une formation très demandée n’est pas forcément inaccessible
Reconnaissons-le, le jargon Parcoursup n’aide personne à y voir clair. La confusion entre nombre de vœux et difficulté d’admission génère une anxiété souvent disproportionnée. Un lycéen qui découvre que le PASS cumule 842 000 vœux imagine une compétition insurmontable. La réalité est plus nuancée.
Le premier malentendu concerne la différence entre vœux et candidats. Un candidat formule en moyenne 14 vœux. Quand il coche « PASS », il postule simultanément dans 5 à 10 universités via les sous-vœux. Les 842 000 vœux PASS correspondent donc à environ 180 000 personnes physiques. Ce ratio de 4,7 vœux par candidat change radicalement la perspective.
Qu’est-ce qui explique cet écart entre la peur et la réalité ? L’effet de cascade. Chaque candidat accepté dans sa formation préférée libère une place dans ses autres vœux. Cette mécanique de désistements successifs profite aux candidats classés initialement plus bas. Une formation affichant un ratio de 50 candidats par place peut finalement accueillir des profils hors top 10 % grâce à cette dynamique.
Le taux d’accès constitue l’indicateur pertinent. Il mesure la proportion de candidats ayant reçu une proposition d’admission. Pour les IFSI, malgré 722 000 vœux, ce taux dépasse souvent 50 %. La licence de psychologie, réputée saturée, affiche des taux d’accès de 60 à 80 % selon les académies. Ces chiffres sont consultables sur chaque fiche formation Parcoursup.
L’erreur classique consiste à renoncer à une formation par peur du nombre de candidats. Un lycéen motivé avec un dossier cohérent a statistiquement plus de chances qu’il ne le croit. La vraie question n’est pas combien de personnes postulent, mais combien correspondent réellement au profil recherché par la formation.
Le palmarès des licences universitaires plébiscitées et leurs vraies tensions
La licence représente 33,7 % des vœux confirmés sur Parcoursup. C’est le premier choix des bacheliers généraux, dont 46,7 % s’orientent vers ce format universitaire en trois ans. Mais toutes les licences ne logent pas à la même enseigne. Cinq mentions concentrent les tensions : PASS, droit, psychologie, STAPS et économie-gestion.
Ces licences dites « en tension » ont une particularité. Elles sont officiellement non sélectives — l’université ne peut pas refuser un dossier sur critères académiques — mais leurs capacités d’accueil limitées créent une sélection de fait. À Nanterre, la licence de psychologie reçoit 15 000 candidatures pour 800 places. Le tri s’opère alors sur des critères géographiques (priorité aux candidats de l’académie) et sur le classement des dossiers.
Les parcours internationaux et doubles diplômes accentuent ces déséquilibres. La licence économie-gestion parcours international de Lyon 2 affiche un ratio de 88,26 candidats par place. À Paris-Nanterre, le cursus franco-espagnol Équateur atteint 83,60. Ces formations hybrides cochent toutes les cases qui font rêver : cours en anglais, semestres à l’étranger, mention prestigieuse sur le CV. Le revers de la médaille, c’est que tout le monde a la même idée.
Conseil pratique : pour une licence en tension, diversifiez géographiquement vos sous-vœux. La même mention à Bordeaux, Nantes ou Strasbourg présente des ratios très différents. L’université du Littoral Côte d’Opale à Dunkerque affiche un ratio de 5,36 en économie-gestion, contre 88 à Lyon 2.
La licence de droit illustre un autre phénomène. Avec 359 728 vœux, elle attire des profils très hétérogènes : futurs avocats convaincus, mais aussi lycéens indécis séduits par la polyvalence du diplôme. Les commissions d’examen repèrent rapidement les candidatures par défaut. Un projet de formation motivé générique, applicable à n’importe quelle licence, se voit immédiatement.
BTS, BUT, CPGE : les filières courtes et sélectives face à la demande
Le BTS reste le deuxième diplôme post-bac le plus demandé, avec 27,6 % des vœux confirmés. Près d’un candidat sur deux formule au moins un vœu en BTS. Pourtant, sa popularité recule, notamment chez les bacheliers technologiques qui lui préféraient traditionnellement cette voie. L’explication tient en trois lettres : BUT.
Le Bachelor Universitaire de Technologie, créé en 2021, a rebattu les cartes. En passant de deux à trois ans, il offre désormais un grade licence reconnu au niveau européen. Cette évolution séduit les bacheliers technologiques (+1,3 point en 2025), qui y voient une alternative plus valorisante au BTS. Le BUT représente aujourd’hui 11,5 % des vœux confirmés, contre 10,9 % l’année précédente.
Les quotas réglementaires accentuent ce basculement. La loi impose un taux minimal de bacheliers technologiques dans chaque IUT. Cette priorité d’accès rassure les élèves de STMG ou STI2D qui craignaient d’être évincés par les bacheliers généraux. Le BUT Techniques de commercialisation et le BUT GEA captent l’essentiel de cette progression.
Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) connaissent une érosion modérée. Les prépas scientifiques MPSI perdent 2 points, les PCSI un point. Cette tendance reflète la concurrence des écoles d’ingénieurs post-bac, qui proposent des parcours intégrés sur cinq ans sans passer par la case prépa. Pour un lycéen, l’arbitrage devient complexe : deux ans de prépa intensive puis un concours incertain, ou cinq ans sécurisés dès l’admission ?
Les écoles de commerce post-bac profitent de cette évolution. Leurs Programmes Grande École en cinq ans attirent 163 834 vœux, en progression constante depuis trois ans.
Les formations qui ne font pas le plein et ce que cela change pour votre stratégie
Changeons de perspective. Le ministère publie rarement ces chiffres, mais L’Etudiant les a compilés : en 2023, plus de 8 900 formations n’ont pas rempli leurs promotions à la fin de la procédure Parcoursup. Ce chiffre inclut des licences, des BTS, des BUT et même des classes préparatoires.
8 900 formations avec des places vacantes à la rentrée.
Comment expliquer ce paradoxe ? Deux facteurs se combinent : la sélectivité et l’attractivité. Une formation sélective peut refuser des dossiers tout en ne remplissant pas ses places, faute de candidats correspondant à ses attendus. C’est le cas de certaines CPGE scientifiques de province qui reçoivent beaucoup de candidatures mais n’envoient de propositions qu’aux profils les plus solides.
L’attractivité joue également. Une formation envoie systématiquement plus de propositions que de places disponibles, anticipant les désistements. Quand les candidats acceptent massivement d’autres propositions, les places restent vacantes. Ce phénomène touche particulièrement les licences générales dans les académies moins demandées.
Pour votre stratégie, cette réalité ouvre des opportunités. Intégrer au moins un vœu dans une formation sous-tension sécurise votre parcours sans sacrifier vos ambitions. Les universités des Hauts-de-France, de Bretagne ou du Centre-Val de Loire affichent régulièrement des taux d’accès supérieurs à 90 % dans des mentions pourtant réputées tendues ailleurs.
Spécialités du bac et formations demandées : la matrice que personne ne vous montre
Le choix des spécialités en première conditionne l’accès aux formations les plus demandées sur Parcoursup. Cette réalité, rarement explicitée, apparaît dans les statistiques du ministère. Certaines doublettes ouvrent des portes, d’autres les ferment discrètement.
Les données 2025 révèlent des corrélations nettes. Parmi les élèves ayant choisi la doublette maths-physique-chimie, 12 % formulent un vœu en école d’ingénieurs. Cette proportion tombe à 3 % pour les doublettes sans mathématiques. La spécialité maths reste le dénominateur commun des formations scientifiques et économiques sélectives.
Pour les études de santé, la SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) pèse lourd. Les candidats au PASS ayant conservé SVT et physique-chimie représentent 23 % des admis. Ceux qui ont abandonné SVT en terminale se retrouvent en difficulté face à des programmes supposant ces prérequis. L’option maths complémentaires compense partiellement, mais ne remplace pas une spécialité complète.
Les classes préparatoires littéraires polarisent les profils HGGSP-HLP (Histoire-Géographie, Humanités). Ces élèves représentent 15 % des candidats en hypokhâgne. À l’inverse, les prépas économiques et commerciales (ECG) recrutent massivement parmi les maths-SES, avec ou sans HGGSP en troisième spécialité de première.
Cette matrice influence aussi la lettre de motivation. Un candidat dont les spécialités correspondent parfaitement aux attendus de la formation part avec un avantage narratif. Il peut démontrer une cohérence de parcours que le jury appréciera. À l’inverse, un profil atypique devra justifier son choix avec des arguments solides : stages, lectures, expériences personnelles qui compensent l’absence de prérequis académiques.
DROM-COM et académies moins saturées : une stratégie à considérer avec lucidité
Les établissements des territoires ultramarins affichent des ratios de concurrence jusqu’à dix fois inférieurs à ceux de la métropole. L’université des Antilles propose une licence économie-gestion avec un ratio de 2,19 à Schoelcher (Martinique) et 2,40 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Ces chiffres sont plus bas que n’importe quel établissement métropolitain, public ou privé.
En Polynésie française, la licence d’économie-gestion de l’université de Faa’a affiche 3,86 candidats par place. Seule La Réunion présente des ratios plus proches des standards métropolitains, avec 6,66 à Saint-Denis et 7,32 au Tampon. La demande locale y est plus forte.
Ce conseil n’est pas universel. La mobilité a un coût que peu d’articles mentionnent. Un étudiant métropolitain candidatant aux Antilles doit anticiper le billet d’avion (800 à 1 200 euros l’aller-retour), un logement sans réseau familial, l’adaptation à un environnement différent. Les bourses sur critères sociaux ne couvrent pas intégralement ces frais supplémentaires.
En métropole, certaines académies offrent des opportunités similaires sans traverser l’océan. L’université du Littoral Côte d’Opale (Boulogne-sur-Mer, Dunkerque) affiche des ratios inférieurs à 6 dans plusieurs mentions. Les campus bretons de Lorient, Vannes ou Saint-Brieuc présentent des profils comparables. Ces destinations supposent une mobilité, certes, mais gérable en train ou en covoiturage.
Point de vigilance : ne candidatez pas à une formation géographiquement éloignée uniquement pour fuir la concurrence. Les jurys repèrent les candidatures opportunistes. Expliquez dans votre lettre de motivation ce qui vous attire réellement dans cet établissement ou cette région.
Construire un portefeuille de vœux équilibré face aux formations les plus demandées
La méthode 3-4-3 structure efficacement vos 10 vœux. Trois vœux ambitieux pour viser haut, quatre vœux réalistes correspondant à votre profil, trois vœux sécurisés pour garantir une admission. Cette répartition évite deux écueils : le portefeuille 100 % prestige qui risque le zéro proposition, et le portefeuille 100 % prudent qui génère des regrets.
Les sous-vœux démultiplient vos chances sans consommer vos 10 vœux principaux. Un vœu « licence de droit » peut se décliner en 10 sous-vœux correspondant à 10 universités différentes. Cette mécanique est particulièrement utile pour les formations en tension où la géographie fait varier les ratios du simple au décuple.
La cohérence du portefeuille compte autant que sa diversité. Un candidat qui postule simultanément en PASS, en école de commerce et en licence d’histoire envoie un signal de dispersion. Les commissions d’examen consultent parfois la liste des autres vœux déclarés par le candidat. Un profil cohérent rassure sur la motivation réelle.
Rappelons les dates 2026 : inscription du 19 janvier au 13 mars, confirmation des vœux jusqu’au 1er avril, résultats à partir du 4 juin. La phase complémentaire ouvre mi-juin pour les candidats sans proposition. Anticiper cette échéance en intégrant des vœux sécurisés évite de se retrouver dans l’urgence de cette phase subsidiaire.
Les vœux en apprentissage constituent une carte à jouer. Ils ne comptent pas dans la limite des 10 vœux classiques. Vous pouvez donc ajouter jusqu’à 10 vœux supplémentaires en alternance. Cette option séduit de plus en plus : +12 % de vœux en apprentissage en 2025 par rapport à 2024.
Ce que le classement ne dit pas : débouchés, insertion et nouveautés Parcoursup 2026
Une formation très demandée n’est pas forcément une formation rentable. Cette vérité dérange, mais les données d’insertion professionnelle la confirment. Certaines licences plébiscitées affichent des taux de chômage à trois ans supérieurs à la moyenne nationale des diplômés.
Parcoursup 2026 intègre désormais ces indicateurs directement dans les fiches formation. Pour chaque cursus, vous pouvez consulter le taux de passage en deuxième année, le taux d’obtention du diplôme, et surtout le taux d’insertion professionnelle à six mois et trois ans. Ces informations, auparavant dispersées sur des sites ministériels peu accessibles, deviennent centrales dans l’évaluation d’une formation.
Le comparateur de formations constitue la nouveauté majeure de cette session. Vous pouvez confronter jusqu’à cinq formations sur les critères de votre choix : taux de réussite, débouchés, frais d’inscription, type de diplôme. Cet outil évite de comparer des options incomparables et structure la réflexion avant la confirmation des vœux.
Le simulateur d’admission permet également de mieux cerner vos chances. En renseignant votre série de bac, vos spécialités et votre moyenne générale, vous obtenez une estimation de votre positionnement par rapport aux candidats admis les années précédentes. Ce n’est pas une garantie, mais un indicateur qui tempère les fantasmes dans un sens comme dans l’autre.
Les erreurs à éviter quand on vise une formation très demandée sur Parcoursup
Première erreur : ne postuler qu’aux formations populaires. Le classement des formations les plus demandées ne doit pas devenir votre liste de vœux. Ces formations attirent précisément parce qu’elles sont connues, pas nécessairement parce qu’elles correspondent à votre projet. Un BTS spécialisé méconnu peut offrir de meilleurs débouchés qu’une licence généraliste saturée.
Deuxième erreur : confondre ratio de concurrence et probabilité d’admission. Nous l’avons vu, les désistements en cascade modifient radicalement les chances réelles. Un ratio de 50 candidats par place ne signifie pas 2 % de chances d’être admis. Les candidats sérieux, avec un dossier cohérent et une lettre de motivation travaillée, se distinguent rapidement du flux des candidatures opportunistes.
Troisième erreur : négliger la lettre de motivation. Les responsables pédagogiques le répètent : un projet de formation motivé générique se repère en dix secondes. Les formules passe-partout (« Votre formation m’attire par sa qualité et son prestige ») disqualifient immédiatement. Citez un cours spécifique du programme, une recherche d’un enseignant, un partenariat de l’établissement. Montrez que vous avez fait vos devoirs.
Quatrième erreur : ignorer les formations en apprentissage. Ces cursus offrent une rémunération, une expérience professionnelle et souvent de meilleurs taux d’insertion. Ils ne conviennent pas à tous les profils, mais méritent d’être considérés sans préjugés.
Le calendrier Parcoursup 2026 : ouverture de la plateforme le 17 décembre 2025, inscription du 19 janvier au 13 mars 2026, confirmation des vœux jusqu’au 1er avril, phase d’admission à partir du 4 juin.

